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Test : Nikon AF-S FX VR II ED 200 mm f/2.0 série G Nikkor

Photo du Nikon 200 f2 sur D800

Test Matériel

Nikkor AF-S FX VR II ED 200 mm f/2.0 série G

On ne vous le dira jamais assez : ce qui compte en photographie ce n’est pas le matériel. D’ailleurs, vous verrez que tous les photographes qui vous disent ceci ont plusieurs milliers d’euros de matériel autour du cou!

Je vous propose donc, aujourd’hui, le test d’une des optiques d’exception de la gamme Nikkor de Nikon : le Nikon AF-S FX VR II ED 200 mm f/2.0 série G. Exceptionnelle sur plusieurs points, à commencer par le prix, puisqu’il avoisine les … 6 000€. Pour le reste, je vais directement vous donner la conclusion de ce test : elle est exceptionnelle sur tout le reste également 🙂

Mais pour quelles raisons?

Avant de commencer j’aimerais remercier du fond du cœur mon collègue et ami Christophe Stempfer, propriétaire de l’optique, qui me l’a mise à disposition gracieusement pendant une semaine pour ce test. Je vous invite chaleureusement à visiter son site et à vous inscrire à sa page Facebook pour suivre son fabuleux travail.

03042015-_OLI3950

Cadre du test :

Les photographie de test si dessous ont été réalisées avec un boîtier Nikon D800 en conditions réelles de prise de vue. Il s’agit donc d’un test terrain, non laboratoire, dont les résultats sont purement subjectifs et relatifs mais adossés aux exemples de photos réalisées.

Les photos de cet article ont été prises en RAW et traitées sous Lightroom. Cependant, dans l’intérêt du test, les samples zoomés n’ont pas subis d’accentuation afin d’apprécier le piqué brut de l’optique. Notez bien, qu’il s’agira donc, vu la configuration, de zoom à 100% sur 36Mpx. Ce détail a son importance et vous le comprendrez en voyant les samples ci dessous 🙂

L’ensemble des images sont ©Olivier Fréchard et non libres de droit.

 

Test piqué-Bokeh

Si vous êtes comme moi, vous estimez que l’intérêt premier d’une focale fixe est le rapport piqué-bokeh : l’idéal étant de bénéficier d’une piqué remarquable dès la pleine ouverture et d’un bokeh esthétique et crémeux à souhait. Evidemment, lorsque l’on s’oriente vers une focale de 200mm qui ouvre à F2, c’est probablement pour ces raisons en particulier.

Voyons donc quelques exemples d’images

03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-11 Capture d'écran 2015-04-12 21.50.14 03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-1 Capture d'écran 2015-04-12 20.46.3303042015-Test 200mm-F2 Nikkor-82-Modifier Capture d'écran 2015-04-12 20.52.47 Capture d'écran 2015-04-12 20.52.57

Vous remarquerez comme moi, que le piqué à travers ces exemples est tout à fait impressionnant.

Bien entendu, la profondeur de champ est très courte et cela demande de bien maîtriser sa mise au point avant de déclencher. Je vous avouerais que j’ai eu pas mal de déchet, notamment lorsque j’utilisais l’optique à main levé car elle est extrêmement lourde (près de 3Kg sans le boîtier!) et ma main devenait très rapidement tremblante. J’ai donc préféré par la suite travailler au monopod, ce qui était une solution beaucoup plus confortable et sécuritaire avec ce type de “bazooka”.

Je vous propose les images suivantes pour apprécier la qualité du bokeh :

03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-56 Nikkor 200mm/f2, Olivier Fréchard, Test 200mm/f2 VRII

Avec une distance de mise au point minimum de quasiment 2m (1,9m), on ne peut pas parler de proxi mais il est tout de même possible, vu la longueur focale, de s’essayer à quelques photos florales comme c’est le cas ici 🙂

Vous remarquerez que le bokeh est tout simplement parfait : doux, crémeux, avec une transition et un dégradé des plus naturelles et qui va très rapidement dans un flou total, permettant un détachement du sujet des plus esthétiques.

03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-25 01042015-_OLI1967 01042015-_OLI1951

 Des défaut optiques?

J’ai essayé de trouver des défauts à cet objectif. On sait notamment que les focales à grandes ouvertures souffrent d’un certain manque de piqué ou aberrations chromatiques à pleine ouverture. Nous l’avons u sur les photos précédentes : je vous rappelle que nous sommes à une ouverture de f2 (!) ce qui veut dire qu’en principe, l’optique en à encore dans le ventre si l’on ferme un peu.

Concernant les aberrations chromatiques, j’ai donc essayer de prendre quelques clichés bien contrastés pour en déceler. Mais vous verrez par vous même que pour en apercevoir il faut vraiment chercher et zoomer à 100%…

03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-19 Capture d'écran 2015-04-12 20.48.22

En zoomant à 100%, on distingue une fine franche violette autour du cygne indécelable cependant en pleine image. Comment ça? Vous ne la voyez pas même à 100%?

03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-69 Capture d'écran 2015-04-12 20.51.40

Encore une fois, à pleine image, rien ne choque. A zoom 1:1, on devine une fine frange verte sur la partie gauche de la partie métallique du banc. Mais si! Regardez bien!!!

 

03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-23 Capture d'écran 2015-04-12 20.59.09

Troisième et dernier exemple : ce n’est qu’à zoom 1:1 que l’on remarque la légère aberration en haut de la branche des lunettes de cette jeune femme.

En conclusion : les défauts optiques de cet objectifs sont quasi inexistants.

 Les “Petits Plus”

En plus de n’avoir aucun défaut optique, ce 200mm/f2 présente également quelques options supplémentaires non négligeables en termes de confort d’utilisation :

La stabilisation : La réputation de la gestion de la stabilisation (VR) chez Nikon n’est plus à faire. Bien entendu, sur une optique de ce gabarit, elle est forte utile et fonctionne merveilleusement bien. Je n’ai pas d’exemple en image car c’est une option que je n’utilise pas souvent mais sachez que j’ai réussi des photos à 1/100s à main levée alors que je tremble beaucoup. Les photographes les plus stables pourront sans doute se risquer à descendre à 1/60s si le sujet le permet. Elle peut être activée ou coupé via une petite bague à al base de l’objectif de manière très pratique :

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La courroie… sur l’optique. L’objectif est livré avec un sac spécifique pour la transporter (elle rentrerait difficilement dans mon sac photo habituel qui abrite pourtant d’habitude 2 boitier FF + 24-70/2.8 – 70-200/2.8 – 35/1.4 – 85/1.8 – 14/2.8 – 2 SB900). Mais ce qui m’a étonné c’est que Nikon a pensé à intégré une courroie à l’optique directement.03042015-_OLI3935

En effet, avec des objectifs de ce poids, il serait dangereux pour le boîtier de ne pas maintenir et transporter le couple. Cela pourrait notamment vriller l’appareil. Aussi, cette solution permet de maintenir le couple par l’objectif, ce qui est beaucoup plus sur.

 

Des boutons autofocus sur le devant de l’optique!! C’est la première fois que je voyais cela et j’avoue que c’est sacrément bien pensé. EN effet, étant donné l’encombrement de l’engin, il est nécessairement de le soutenir à bout de bras et souvent, notre main viens se placer de manière naturel au bout de l’objectif (près du pare-soleil) pour équilibre le poids boitier/optique.

On trouve sur le 200mmm/f2 VRII des petits bouton en caoutchouc à cet endroit là…

Nikkor 200mm/f2, Olivier Fréchard, Test 200mm/f2 VRII

Il s’avère qu’ils permette d’activer l’AF (comme le déclencheur à mi cours ou le bouton AF-ON) ce qui est vraiment pratique et ergonomique à l’utilisation.

 

Auto-FOCUS. Dans cette gamme de prix, pas de surprise : l’auto focus est rapide, précis, silencieux et performant.

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Et puis… un tas d’autres fonctions que je n’ai pas eu le temps de tester. Je ne saurais donc pas vous en vanter les mérites mais les utilisateurs de zooms et d’optiques Nikon reconnaîtrons un certain nombre d’option déjà disponibles sur d’autres modèles :

Nikkor 200mm/f2, Olivier Fréchard, Test 200mm/f2 VRII

 

EN BONUS

Comparaison avec le 70-200/2.8 VRII Nikkor

 200m/f2 vs 70-200/2.8

03042015-_OLI3948Etant donné la différence de prix entre les deux optiques (2 200€ pour le 70-200 et 6 000€ pour le 200/2) il parait bien légitime de se demander s’il y aune une réelle plus valu à mettre 3x plus d’argent dans une optique qui, à même focale, “n’offre qu’1 IL de plus”.

J’ai donc tester les 2 optiques côtes à côtes sur des prises de vues similaires.

Capture d'écran 2015-04-12 21.32.24

De prime abord, la différence n’est pas flagrante su un écran d’ordinateur à pleine image… mais nous connaissons les limites de ce type d’exercice. on remarque cependant d’ores et déjà un bokeh beaucoup plus agréable sur le 200/f2 (logique me direz vous puisqu’on le compare à un f2.8) mais j’ai tout de même été impressionné par la différence de profondeur de champ et de qualité du bokeh pour seulement un diaphragme d’écart.

Voyons si les tests de crop nous permettent de distinguer d’autres différences :

Capture d'écran 2015-04-12 21.31.23

Le résultat est sans appel : le 200/f2 est clair un bon cran au dessus… alors qu’il est à F2 et le 70-200 est à f2.8!

Lorsque j’ai eu la chance d’acquérir le 70-200/2.8 VRII, j’ai tout de suite été impressionné par son piqué : très clairement, il s’agissait de la meilleure optique que je n’avais jamais eu. Je pense que tous les photographes qui possèdent le 70-200/2.8 VRII ont sans doute toujours été bluffé par la qualité de cette optique… alors imaginez un instant ce qu’est capable de délivrer le 200/f2 🙂

Nous avons vu précédemment que le bokeh semblait déjà “nettement” différent à pleine image. Voyons à présent en zoomant sur l’image ce que cela nous donne :

Capture d'écran 2015-04-12 21.31.41 Capture d'écran 2015-04-12 21.32.01 Capture d'écran 2015-04-12 21.32.11

La qualité du bokeh du 200/f2 est donc bien confirmée. On remarque des flous plus doux et de formes plus harmonieuses (notamment au niveau des lumières en arrière plan). La rapport piqué-bokeh est donc tout bonnement “miraculeux” sur ce 200/f2

Et pour le petit clin d’œil, à bon entendeur, j’ai aussi eu envie de comparer le 200/f2 au 85/1.8G 😉

Capture d'écran 2015-04-12 23.33.20

Bon… ok, le bokeh est meilleur sur le 200/f2, nous voila rassurés.

 

EN CONCLUSION

Le Nikon AF-S FX VR II ED 200 mm f/2.0 série G Nikkor est bel et bien un objectif  de rêve à tous les niveaux : qualité optique, qualité de construction, qualités technique et électronique… et le prix fera qu’il restera effectivement un rêve pour beaucoup d’entre nous.

Personnellement, au delà de mon désir de posséder cette optique par “gourmandise photographique”, je dois avouer que je en suis pas certain qu’elle corresponde vraiment à ma pratique. en effet, mes principales activités photographiques sont orientées vers les mariages et le studio.

  • En reportage tels que les mariages, cette optique est bien trop lourde : il n’est pas envisageable pour moi de supporter un tel poids et un tel encombrement sur plusieurs heures ou la mobilité , la rapidité et la réactivité sont de mises. Elle peut être cependant très intéressante pour des séances de portraits de marié en “Trash the Dress” ou “After the Day”.
  • En studio, la longueur focale de 200mm est trop grande et l’utilisation à f2 est rare…

Malgré tout, je reste ravi d’avoir eu l’occasion de tester une telle machine de guerre et d’avoir pu partager cette expérience avec vous. Il s’agit clairement de la meilleure optique que j’ai l’occasion d’essayer.

Séparation

 

Pour la route, encore quelques clichés avec cette merveille :

03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-84 03042015-Test 200mm-F2 Nikkor-87 Le Guitariste 03042015-_OLI2161 01042015-_OLI1990

 

 

 

9 thoughts on “Test : Nikon AF-S FX VR II ED 200 mm f/2.0 série G Nikkor”

  1. “On ne vous le dira jamais assez : ce qui compte en photographie ce n’est pas le matériel. D’ailleurs, vous verrez que tous les photographes qui vous disent ceci ont plusieurs milliers d’euros de matériel autour du cou!” enfin quelqu’un qui le dit haut et fort lol c’est sûr que c’est plus facile de dire ça quand on a le meilleur matériel. Ce qui compte en photographie c’est ,selon moi, avant tout la connaissance de son matériel, l’important n’étant ni le photographe, ni le boitier, ni l’objectif mais les 3 en même temps (un photographe sans appareil ou avec juste un boitier ou un objectif ne fera pas beaucoup de photos, de même que le matériel ne fera pas grand chose sans photographe pour l’utiliser 😉 ).
    “j’ai donc essayer de prendre quelques clichés bien constatés pour en déceler.” petite erreur, “contrastés” (tu voulais peut-être mettre bien contrastés pour en constater, au départ? ^^ ).
    Pour le 200mm f/2, heureusement qu’il est bon dès la pleine ouverture vu son prix :p. En revanche, je considère de moins en moins les défauts optiques (distorsion, AC, vignetage), vu qu’on peut facilement les corriger, si ce n’est par le boitier c’est par logiciel. Par contre pour la stab n’oublie pas que tu es sur D800 plus exigeant, sur un boitier moins pixelisé elle sera encore plus efficace donc le 1/60ème passera même pour toi lol.
    Pour finir, très belles photos 😉 .

  2. On pourra voir une comparaison des performances FTM des télés de 200mm f/2 Canon et Nikon par rapport aux zooms 70-200 de ces même marques et à 200mm sur le site http://petapixel.com/2015/03/28/just-the-lenses-the-great-200mm-shoot-out/
    Les mesures ont été faites par un loueur (Lens Rental) sur du vrai matériel (celui qu’il loue), et elles montrent bien la différence de résolution, comparable au centre (à f/2.8) mais qui se dégrade aux fréquences élevées sur le zoom dès qu’on sort de la zone centrale.

  3. Je regardais cet autre article https://fstoppers.com/gear/comparing-nikon-70-200mm-f28-and-nikon-200mm-f2-prime-109366
    qui mettait le doigt sur le rapport de reproduction (0,12, selon Nikon) identique entre le zoom 70-200/2.8 et le 200/2.0… mais pas obtenu à la même distance (1,4m pour le zoom et 1,9m pour le prime) alors que les deux objectifs sont censés avoir la même distance focale… à l’infini… mais pas à la distance minimum.
    Un bref calcul m’a montré que pour le zoom, la distance focale se réduit autour de 170mm… alors qu’elle s’alonge pour le prime autour de 230mm, toujours dans le cas où la photo est prise à la distance minimum.
    Tout cela fait que les objectifs ne sont vraiment comparables, pour le portrait.
    Le poids de cet objectif est considérable (plus lourd qu’un 300mm/2.8), ce qui veut dire qu’il sera placé sur un trépied pour des portraits mis en scène, ou monté sur un monopode pour des images de sport indoor, où la vitesse de l’autofocus fera la différence avec le zoom.
    Pour des portraits où le modèle et le photographe bougent, l’usage d’un 85mm/1.4 (presque 3 fois moins lourd que le zoom) sera plus agréable. Tout cela fait de ce 200mm/2.0 un objectif hors du commun mais très spécialisé.

  4. Erratum : dans la réponse ci-dessous, j’ai mélangé distance focale et distance entre le centre optique et le capteur.
    Le résultat de ce bref calcul était la distance entre le centre optique et le capteur. La distance focale étant évidemment plus courte, soit environ 150mm pour le zoom tandis que le prime reste autour de 200mm.

  5. Bon, je ne sais pas si tout le monde a compris ce que j’ai écrit ci-dessus (le fait que le zoom 70-200 réglé à 200mm, n’a qu’une focale de 150mm à la distance minimum). Mais c’est une notion technique qui n’a pas grande importance car les portraits sont faits généralement avec des focales comprises entre 80 et 150mm, sauf quand on recherche des effets spéciaux comme avec ce 200mm f/2.0.

    J’ai eu l’occasion d’avoir en main ce 200mm dont je savais que le poids, la luminosité et le piqué m’impressionneraient.
    Je voudrais parler des défauts ou insuffisances et de cette fonction gadget qu’est le signal sonore quand la mise au point est faite alors que c’est probablement le plus rapide des autofocus.
    Pour moi, il manque un bouchon d’objectif pour protéger la lentille frontale. Je sais bien qu’il y a une sorte de housse qui est fournie, mais il faut démonter le pare soleil, le retourner pour ranger la partie frontale de l’objectif dans sa housse (puis éventuellement dans le sac fourni).
    Pour ceux qui ont les épaules solides et qui veulent porter l’objectif à la main, l’embase du collier est trop courte pour avoir une prise en main confortable. On trouve une réponse à ces deux points dans cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=3a_w7JVsOso
    Le mode d’emploi explique qu’il faut penser à arrêter la fonction VR avant de mettre le boitier sur OFF, sinon l’objectif va exprimer son mécontentement par des grincements à la mise en route… Pas vraiment top. Les boitiers Nikon pourraient tenir compte du besoin de séquencement et le faire automatiquement. Mais peut-être qu’ils le font et que la notice n’est pas à jour ? On ne m’a pas prêté un Nikon D5 pour vérifier…

    Reste que c’est une bête impressionnante, et qu’utilisé avec un monopode, la luminosité et la vitesse de l’autofocus font oublier tous ses défauts.

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